Les conducteurs de dameuses assurent des descentes parfaitement préparées dans le domaine skiable

29 mai 2024 - SnowTrex

Des virages en douceur sur des pistes parfaitement préparées : c’est à peu près le rêve « enneigé » de tout skieur. Les conducteurs de dameuses sont coresponsables de l’enneigement idéal du domaine skiable. SnowTrex vous explique comment ils parviennent à faire en sorte que des milliers d’amateurs de sports d’hiver puissent profiter chaque jour d’une expérience optimale sur les pistes enneigées, grâce à des engins de plusieurs tonnes et de plusieurs chevaux et à une grande sensibilité.

Aux commandes des dameuses, les conducteurs veillent à ce que les pistes du domaine skiable soient toujours parfaitement préparées

L’histoire des dameuses

L’ancêtre des dameuses, telles que les skieurs les connaissent aujourd’hui dans les stations de ski, était canadien. Rien qu’avec son nom, Armand Bombardier est encore mondialement connu au 21e siècle. L’entreprise qui porte son nom produit encore aujourd’hui des véhicules, des trains et des avions. Et c’est Bombardier qui, en 1922, a d’abord conçu une motoneige avant de lancer, en 1935, un premier véhicule à chenilles. Durant les rudes hivers canadiens, le SnowCoach servait à transporter des personnes et des matériaux. L’avant du véhicule était équipé de patins dirigeables, tandis que l’essieu arrière était entraîné par une chaîne.

Lorsque le ski est devenu de plus en plus populaire au cours des années 1950, les stations de ski ont dû s’adapter et préparer leurs pistes en conséquence pour les amateurs de sports d’hiver. Au début, la neige était comprimée sur les pentes à l’aide de rouleaux tirés à la main. Pour faciliter ce travail physiquement exigeant, des véhicules à chenilles équipés d’un rouleau compresseur ont été développés en Amérique du Nord, notamment par Bombardier. En Europe, les Canadiens ont collaboré avec une entreprise autrichienne de Graz dans les années 1960. Un peu plus tard, le modèle BS 01 et la première dameuse européenne ont été présentés dans le cadre d’un projet commun.

Dans les années 1970, la demande de dameuses de la part des stations de ski était si forte que près de 30 fabricants vendaient leurs modèles en Europe. Entre-temps, nombre de ces petites entreprises ont été rachetées par des concurrents plus importants. Aujourd’hui, les leaders du marché des dameuses sont l’allemand Kässbohrer Geländefahrzeug AG, avec sa célèbre marque « Pistenbully », et Prinoth AG, de Sterzing, dans le Tyrol du Sud.

L’outil de travail d’un conducteur de dameuse

Les conducteurs d’engins de damage doivent faire preuve d’une grande délicatesse et d’une grande précision dans leur travail afin de laisser une piste parfaitement préparée. En revanche, leur outil de travail est massif. Après tout, les dameuses peuvent peser jusqu’à 14 tonnes. Elles sont propulsées par de puissants moteurs diesel qui, selon le modèle, peuvent atteindre plus de 500 chevaux. Pour maîtriser cette puissance, les conducteurs utilisent de moins en moins le volant classique. Certains gros véhicules sont désormais équipés de joysticks dans la cabine du conducteur. Et ce n’est pas le seul aspect futuriste. Ainsi, la commande des nombreuses fonctions d’une dameuse s’effectue via des écrans et des dizaines de boutons. Avec une telle technologie de pointe, il va de soi que cela coûte cher. C’est pourquoi les sociétés de remontées mécaniques doivent parfois débourser jusqu’à 350.000 euros pour une dameuse.

Le « BEAST », fabriqué par un constructeur du Tyrol du Sud, est l’une des plus grosses dameuses au monde, avec un poids de 11,5 tonnes.

Malgré ces chiffres impressionnants, la vitesse maximale de ces lourds engins à chenilles lors du damage des pistes est loin d’être fulgurante. En raison de leur poids élevé et des pentes raides qu’ils doivent gravir dans les stations de ski, les conducteurs de dameuses ne se déplacent qu’à une vitesse de 10 à 15 km/h. En revanche, la consommation de carburant est de 30 à 40 litres de diesel d’hiver par heure. Ce carburant diffère du diesel normal en ce sens qu’il est mélangé à des produits chimiques spéciaux afin d’éviter qu’il ne flocule ou ne gèle dans le réservoir lors des températures hivernales en montagne.

Des performances impressionnantes en montagne et des noms d’animaux

Pour exercer au mieux leur métier, les conducteurs d’engins de damage doivent être capables de descendre n’importe quelle pente avec leur outil de travail. Quelle que soit la pente. Des points d’ancrage sont donc installés au début des pistes les plus raides. C’est là que peuvent être fixés les câbles d’acier d’une longueur allant jusqu’à 1.500 m, qui sont enroulés sur les treuils des engins à chenilles. Ils constituent l’un des systèmes de sécurité les plus importants à bord, car ils servent d’aide à la montée lors de la protection contre les glissements. Au total, ces treuils ont une force de traction de près de 4,5 tonnes et permettent aux dameuses modernes de gravir des pentes allant jusqu’à 45 degrés ou 100 % de déclivité. À titre de comparaison, la piste la plus raide de la Coupe du monde de ski alpin, la Kandahar à Garmisch-Partenkirchen, présente une pente de 92 % à son sommet.

D’ailleurs, lorsque les amateurs de sports d’hiver parlent de dameuses, de chats des neiges et de dameuses, ils font toujours référence à la même chose. Le terme de dameuse est le plus courant dans les pays germanophones lorsqu’il s’agit d’engins à chenilles lourds utilisés pour le damage des pistes. Parfois, on parle aussi de chenilles à neige ou de dameuses. Le terme Pistenbully est en fait une marque déposée. C’est le nom officiel que le fabricant allemand Kässbohrer a donné à ses dameuses. Dans certaines stations de ski, on trouve ainsi des modèles « PistenBully 400 » ou « PistenBully 600 ». Les skieurs et snowboarders ont tout simplement adopté le surnom de ces engins à chenilles, tout comme les mouchoirs sont appelés « Tempos ». Le terme « chat des neiges » est également souvent utilisé pour désigner les dameuses. Il s’agit d’une traduction directe de l’anglais. En effet, le terme « snow cat » désigne le plus souvent le lourd engin de damage.

Le nombre de dameuses utilisées dans une station de ski dépend en fin de compte essentiellement de la taille de la zone d’enneigement. Ainsi, sur les 112 kilomètres de pistes d’Obergurgl dans l’Ötztal, 7 dameuses sont utilisées chaque jour. A Serfaus-Fiss-Ladis (198 km de pistes), le parc comprend déjà 21 engins à chenilles lourds.

Les constructeurs de dameuses et les stations de ski misent sur la durabilité

Afin de rendre l’utilisation des dameuses plus durable, certaines stations de ski, comme Kleinwalsertal, testent actuellement le passage aux biocarburants, par exemple à base de déchets végétaux. Les remontées mécaniques espèrent ainsi réduire jusqu’à 90 % les émissions de CO₂ des lourds engins à chenilles. Les deux leaders du marché, Pinroth et Kässbohrer, vont encore plus loin dans les concepts de propulsion. Ainsi, le constructeur allemand propose dès aujourd’hui son modèle haut de gamme, le « Pistenbully 600 E « , avec un moteur diesel-électrique. Au total, les émissions de CO₂ de l’hybride sont ainsi réduites de 20 % par véhicule. Les deux entreprises ont également équipé l’un de leurs modèles plus petits d’une motorisation purement électrique (environ 250 ch) et les ont mis en service dans quelques stations de ski à des fins de test.

Le clip suivant montre comment se sont déroulés les tests avec les dameuses électriques allemandes et ce que les personnes concernées disent des résultats :

en 2020, les experts en dameuses du Tyrol du Sud ont pris une autre direction en matière de durabilité et ont présenté un prototype équipé d’une pile à combustible à hydrogène (544 ch). en 2022, le concept a été développé en présentant le « LEITWOLF h2MOTION » avec un moteur à combustion interne à hydrogène (460 ch).

Conducteur de dameuse : un travail pour les noctambules

Pour devenir conducteur de dameuse, il ne faut pas être un lève-tôt. En effet, le travail en lui-même est plutôt réservé aux noctambules. En effet, les lourds engins à chenilles ne sortent du garage que lorsque les skieurs et les snowboarders viennent de prendre les dernières télécabines pour descendre dans la vallée ou qu’ils savourent déjà les premières boissons froides à l’après-ski. En d’autres termes, les conducteurs de dameuses commencent généralement leur service vers 16 heures. Dans les hangars des stations de ski, ils vérifient d’abord l’état de leurs véhicules. Il s’agit de tester toutes les fonctions et commandes importantes, de vérifier que la transmission par chaîne n’est pas endommagée, de mesurer le niveau d’huile et, bien sûr, de faire le plein. Cette procédure dure un peu moins d’une heure, avant que les skieurs ne commencent à dévaler les pistes vers 17 heures, juste après la fermeture des pistes.

Qui doit préparer quelles pistes est déterminé à l’avance dans le plan d’intervention pour la journée. Pour répartir au mieux la neige sur les pentes attribuées, les conducteurs de dameuses sont désormais assistés par des systèmes GPS dans certaines stations de ski. Ceux-ci indiquent sur un écran dans le cockpit les hauteurs de neige en temps réel et indiquent au conducteur où il doit éventuellement effectuer des travaux supplémentaires. Pour laisser aux skieurs des pistes parfaitement préparées le lendemain, le travail doit être effectué avec une grande précision et prend donc beaucoup de temps. Pour les conducteurs d’engins de damage, cela signifie qu’ils ne quittent généralement pas le travail avant 23 heures ou 1 heure du matin.

En cas de chutes de neige, les conducteurs d’engins de damage doivent également sortir la nuit pour que les descentes soient parfaitement préparées le matin

Dans un cas très particulier, il peut arriver que le travail d’un conducteur de dameuse commence à 4 heures du matin. C’est le cas lorsque la neige est tombée dans l’obscurité. Comme les premières remontées mécaniques ouvrent entre 8 et 9 heures du matin, elles disposent d’à peine 4 heures pour préparer les pistes pour les skieurs payants. Pour ce faire, la neige fraîche est soit comprimée directement sur les pistes, soit poussée sur le bord des pentes.

Un permis de conduire et une passion pour l’hiver, s’il vous plaît !

Tout d’abord, le métier de conducteur de dameuse n’est pas une formation. Les personnes qui font ce travail commencent toujours comme des employés ordinaires des remontées mécaniques. Si vous avez l’ambition de conduire ces lourds engins à chenilles sur les pistes de ski tous les jours en hiver, vous pouvez d’abord en informer votre employeur, c’est-à-dire l’exploitant du domaine skiable. Et si les équipes d’entretien des pistes ont besoin d’aide, les futurs conducteurs d’engins de damage reçoivent d’abord une formation complète de la part d’un collègue expérimenté. Celui-ci familiarise d’abord les nouveaux venus avec leur outil de travail, avant qu’ils ne travaillent ensemble au damage des pistes. Le conducteur, qui exerce ce métier depuis de nombreuses années, explique ce à quoi il faut faire attention sur le terrain du domaine skiable et comment les dameuses peuvent être manœuvrées en toute sécurité sur les pistes. Les connaissances en matière de damage sont régulièrement mises à jour par des formations continues.

La vidéo suivante, tournée sur le domaine skiable, montre à quoi ressemble le travail quotidien d’un conducteur de dameuse:

Behind the Scenes | A Night in the Life of a Snowcat Operator

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En plus d’une passion pour l’hiver, les futurs conducteurs de dameuses doivent être en possession d’un permis de conduire. Dans les stations de ski suisses, il faut également un permis de conduire pour les camions. L’utilisation d’un équipement lourd tel qu’une dameuse requiert également un savoir-faire technique et une habileté manuelle, du moins dans les grandes lignes. Il faut également avoir des connaissances en physique et s’intéresser à la météorologie afin de pouvoir assurer un damage optimal des pistes, même dans des conditions d’enneigement très variées.

Globalement, le métier de conducteur d’engins de damage est très saisonnier. Mais en hiver, il s’agit d’un travail à temps plein de 40 heures par semaine, qui s’exerce également les jours fériés et les week-ends. En effet, les stations de ski sont ouvertes. Le salaire moyen est de plus de 2.100 euros bruts par mois. Le salaire mensuel peut encore être augmenté par des formations complémentaires.

Les conducteurs d’engins de damage, des artistes de la neige

Dans leur travail quotidien sur le domaine skiable, la tâche principale des conducteurs d’engins de damage est bien sûr de préparer correctement les pistes sécurisées. Mais ils ont aussi d’autres responsabilités importantes. Certains spécialistes de la neige deviennent même de véritables « artistes ». En effet, les lourds véhicules à chenilles sont utilisés pour former des obstacles et des kickers dans les funparks ou pour créer des halfpipes pour les skieurs et snowboarders freestyleurs. Pour créer avec précision les profils de ces obstacles spectaculaires, comme le célèbre Superpipe de Laax, des « outils » supplémentaires peuvent être installés sur les dameuses, comme des fraises à neige spéciales incurvées de plusieurs mètres de long.

Les conducteurs de dameuses peuvent également utiliser leur lourd équipement pour former des half-pipes, comme ici à Laax

Pour ce faire, les dameuses sont utilisées dans la plupart des stations de ski pour ouvrir de nouvelles pistes ou pour consolider et entretenir les sentiers de randonnée hivernale. Mais ce n’est pas tout. En raison de leur taille, les dameuses sont prédestinées à transporter de lourdes charges. Chaque année, ils sont chargés de livrer des tonnes de nourriture et des milliers de litres de boissons aux refuges et aux restaurants de la station de ski, ainsi que de transporter des équipements techniques et des matériaux de construction de A à B sur la montagne. En d’autres termes, tout ce dont l’infrastructure a besoin.

Malgré toutes ces activités créatives et importantes, les conducteurs d’engins de damage doivent également avoir une bonne compréhension des dangers de leur travail. D’une part, ils déplacent quotidiennement des engins spéciaux de plusieurs tonnes qui ne peuvent être déplacés qu’avec beaucoup de précaution à certains endroits du domaine skiable ou qui doivent même être spécialement sécurisés. Afin d’éviter les accidents, comme celui des randonneurs à ski, qui ne sont pas toujours visibles dans la neige et peuvent donc facilement passer inaperçus, les conducteurs d’engins de damage sont toujours très concentrés dans leur cabine. Pour leur propre sécurité, ils doivent également toujours garder un œil sur la météo. En effet, en cas de chutes de neige ou de brouillard, les conducteurs risquent de perdre le sens de l’orientation en raison d’une mauvaise visibilité, notamment dans l’obscurité. Ils peuvent ainsi se retrouver involontairement dans une zone à risque d’avalanche ou sur des pentes raides en terrain difficile.

FAQ sur les dameuses

Que font les conducteurs d’engins de damage ?

Le travail d’un conducteur de dameuse est très varié. Ils sont principalement chargés de préparer les pistes balisées du domaine skiable. Avec leur lourd équipement, ils entretiennent les sentiers de randonnée hivernale, ouvrent de nouvelles pistes et créent des obstacles de neige dans les funparks et les halfpipes. Ils transportent également des tonnes de nourriture et de boissons vers les refuges et les restaurants de montagne, ainsi que des matériaux de construction et d’autres équipements techniques pour l’infrastructure du domaine skiable.

Depuis quand les dameuses existent-elles ?

Le Canadien Armand Bombardier, dont l’entreprise fabrique encore aujourd’hui des véhicules, des trains et des avions, est considéré comme le père des dameuses. en 1922, il a d’abord conçu une motoneige, avant de présenter en 1935 un premier véhicule lourd à chenilles pouvant également être utilisé sur la neige. Dans les années 1950, Bombardier a combiné ce concept de véhicule avec une dameuse, créant ainsi la première dameuse au monde.

Combien coûte une dameuse ?

Les dameuses du 21e siècle sont dotées d’une technologie de pointe. Les plus grosses dameuses pèsent jusqu’à 14 tonnes et sont propulsées par des moteurs de 500 chevaux et plus. De ce fait, les plus gros modèles de dameuses coûtent jusqu’à 350.000 euros pièce.

Quelles sont les conditions requises pour devenir conducteur de dameuse ?

Le métier de conducteur d’engins de damage n’est pas un métier de formation. Les employés des exploitants de domaines skiables ou des sociétés de remontées mécaniques qui souhaitent compléter les équipes d’entretien des pistes sont toujours formés par des collègues expérimentés. Pour devenir conducteur d’engins de damage, il faut en tout cas être titulaire d’un permis de conduire. En Suisse, il faut également présenter une licence de conduite de camion. Il est également préférable que les futurs conducteurs d’engins de damage disposent d’un savoir-faire technique, d’une habileté manuelle et d’un intérêt pour la physique et la météorologie.

Combien de dameuses sont nécessaires par station de ski ?

Le nombre de dameuses varie d’une station de ski à l’autre. La taille du parc d’engins dépend en grande partie de la taille du domaine skiable. Par exemple, à Obergurgl (122 km de pistes), 7 dameuses sont utilisées quotidiennement, alors qu’à Serfaus-Fiss-Ladis (198 km de pistes), 21 dameuses sont utilisées.

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